Délégationdu Limousin

Retour sur dix jours de campagne « Action internationale » en Limousin

Témoignage de François de Sales Bado*

Arrivé en France le 28 mai 2012 dans le cadre de la campagne « Action internationale » (CAI) du Secours Catholique-réseau mondial Caritas, j’ai été accueilli le 31 mai par la délégation du Limousin où je devais séjourner pendant une dizaine de jours avant de poursuivre mon périple avec la délégation du Doubs à Besançon.
Avant de partir pour le Limousin, tous les témoins, environ une trentaine de personnes venues de différents pays du monde, ont été accueillis au siège national du Secours Catholique, toute la journée du 30 mai et la matinée du 31 mai.
À la fin de mon séjour dans le Limousin, voici ce que je peux retenir d’essentiel.

1. De l’accueil

Venu du Burkina Faso, un pays sahélien où la température varie entre 30° et 40°, j’ai été d’abord bien accueilli par la nature [en raison] du beau temps qu’il faisait, et [d’]un environnement agréable à voir, [avec] de la verdure et des prairies qui s’étendaient à perte de vue […]. À la suite de l’accueil chaleureux de la nature, que peut-on dire de celui des hommes ? Autant, pour ne pas dire plus. En effet, j’ai été accueilli par des hommes et des femmes qui n’ont ménagé aucun effort pour rendre mon séjour agréable. Comment oublier mon séjour en Corrèze, en Creuse et en Haute-Vienne où j’ai été [reçu] dans des familles qui m’ont gracieusement [hébergé] ? Comment oublier mon voyage de Paris à Brive avec Thérèse et notre « chauffeur », Jean-Paul, qui malgré la douleur qui le tenaillait a pu endurer la souffrance, pour nous conduire à bon port ? À toutes et à tous, je traduis toute ma reconnaissance.

2. De l’organisation de mon séjour

Mon séjour dans le Limousin a été bien organisé […]. Tous les membres de la délégation et l’équipe des bénévoles ont été impliqués et responsabilisés dans cette CAI 2012. Même si j’ai eu le sentiment à un moment que le programme était chargé, le décalage horaire a pu jouer sur mon endurance et il a fallu [bien] des tasses de café [pour lutter contre la fatigue].

3. De la fortune de mon séjour

S’il est vrai qu’en dix jours on ne peut pas connaître un pays, les rencontres et les échanges que j’ai eus avec les bénévoles, les personnes accueillies, les organisations de la société civile (SOS Violences conjugales, la résidence « Mère/Enfant », le foyer Anne-Dominique pour les personnes handicapées) et des responsables d’institutions m’ont permis de relever des atouts et des défis auxquels est confrontée la société française.

a) Les atouts

Au nombre des atouts que j’ai pu retenir, il y a notamment le bénévolat, le système de protection sociale très favorable aux personnes en difficulté, le travail en réseau entre les structures, la rigueur et la transparence dans la gestion des structures, la générosité des Français à l’égard des plus démunis.

b) Les défis

À ce niveau on peut dire que la société française est également confrontée à certaines difficultés dont : l’existence de la pauvreté, les violences conjugales, les séparations de couple, les divorces, le nombre élevé de familles monoparentales. Elle est également marquée par l’individualisme, l’isolement et la vie en solitude ce qui engendre beaucoup de souffrances aussi bien pour les adultes eux-mêmes que pour les enfants.

4. Des rencontres et des visites

[…] Certaines rencontres et visites […] ont retenu mon attention. Il s’agit particulièrement de la soirée à Brive dans la salle d’Estavel, de la célébration eucharistique à la salle polyvalente d’Ussel dans le cadre de la journée des nations, de la visite du Haras national de Pompadour, du buffet dans la salle des fêtes de Neuvic-Entier, de la visite de la ville de Limoges en petit train et du four des Casseaux, de la soirée festive dans la salle des fêtes de Saint-Fiel [près de] Guéret. Comment oublier la rencontre avec les élèves de Notre-Dame ? […] C’était tout simplement beau.

5. Perspectives

Mon séjour dans le Limousin a permis à la délégation et aux équipes des bénévoles de comprendre davantage le travail que la Commission Justice et Paix mène concrètement sur le terrain. Ce travail qui vise à prendre en compte toutes les dimensions de l’homme dans la lutte contre la pauvreté a suscité beaucoup d’enthousiasme et d’attention de la part de la délégation et a permis de faire des progrès dans la démarche vers un partenariat entre le Burkina et le Limousin. En effet un projet de convention a déjà été rédigé et examiné. Il reste donc les dernières observations et amendements que les parties devront faire parvenir à la délégation du Limousin. En outre, des bénévoles ont manifesté leur intention de nouer des échanges avec des structures comme les écoles, mais aussi avec d’autres ONG du Burkina Faso. Mais tout cela doit s’inscrire dans le cadre du partenariat en cours. Au total, mon séjour dans le Limousin a été fructueux et je saisis cette occasion pour réitérer mes remerciements et ma reconnaissance aux responsables du Secours Catholique et aux bénévoles.

François de Sales Bado
* Secrétaire national de la Commission Justice et Paix du Burkina Faso

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