Délégationdu Limousin

Le français, langage du cœur !

Dix bougies pour l’atelier d’initiation à la langue française de Limoges

Avril 2002 : Tsovinar, arménienne de 40 ans, arrivée en France avec ses cinq enfants après l’assassinat de son mari au pays, a été la première élève. En effet, c’est en pensant à elle que Christiane, bénévole à l’équipe de Limoges où elle recevait déjà beaucoup d’étrangers ayant des difficultés pour communiquer, s’est lancée dans l’aventure. Une quarantaine d’élèves la première année, une centaine ensuite… Depuis, plus de 70 nationalités ont fréquenté l’atelier, désormais ouvert trois après-midi par semaine, dans une vaste salle paroissiale de plus de 200 m², derrière l’église Saint-Joseph.

Un atelier qui fait du bien.

La carte du monde, sur laquelle chacun a marqué son origine, montre la richesse et la variété des participants, venus de presque tous les continents.

Bien au-delà de l’étude de la grammaire française, la « classe » est avant tout une grande famille, chacun s’y sent bien et vient y parler la langue du cœur. « Apprentissage mais aussi écoute, accompagnement, actions d’insertion et de sociabilisation, aide à la recherche de travail, c’est le but de l’équipe solidaire de bénévoles », nous dit Christiane qui ajoute : « les problèmes sont nombreux, notamment pour l’assiduité de certains, confrontés à des soucis de toutes sortes, rendez-vous liés à la santé, à l’hébergement, mais aussi au découragement devant la difficulté de l’apprentissage ». À la fin de chaque séance, le partage du goûter est l’occasion d’échanges chaleureux et détendus entre des personnes qui ont besoin de déposer leur fardeau, difficile à porter seul.

Quelques témoignages

Gervais, bénévole depuis trois ans :

« Venu après ma retraite grâce à Annie, j’ai été confronté dès le début à la barrière de la langue. Je suis arrivé en même temps que de nombreux Soudanais fuyant le Darfour. Heureusement, Jean et les autres bénévoles m’ont fait bénéficier de leur expérience et grâce à l’esprit d’équipe, j’ai pu rapidement m’intégrer. Une anecdote à propos de mon premier élève soudanais, qui a pu ensuite gagner le centre d’apprentissage du Mas-Éloi : c’était un rituel, chaque jour à 15 h 55 précises, il allumait la bouilloire électrique qui allait permettre de préparer le café et le thé du goûter, un moment convivial particulièrement important, un espace de discussion plus facile que le cours.

Ce que ce bénévolat m’apporte ? Je viens ici retrouver des amis avec plaisir et continuer à tisser des liens d’amitié. »

Kader, 27 ans, algérien, élève depuis un an :

« Je suis venu par des copains qui m’ont parlé du cours. J’ai déjà appris beaucoup de choses et je veux continuer. Les bénévoles sont sympas et j’aime bien l’ambiance familiale du groupe. J’ai de bonnes relations avec tout le monde, on partage les traditions de tous les pays. »

Eléna, nouvelle bénévole :

« De nationalité moldave, je suis arrivée en France il y a cinq ans. Depuis 2008, je travaille à l’hôpital mère-enfants de Limoges. J’y ai connu de nombreux étrangers avec des difficultés pour s’exprimer. Bénévole, j’ai fait beaucoup de traductions car je connais les langues russe et roumaine. Grace à un ami soudanais de mon frère qui fréquentait l’atelier, je me suis présentée ici en 2011 et j’ai été adoptée par une vraie famille chaleureuse, c’est bien davantage qu’un cours ! Christiane m’a permis d’avoir envie de donner plus. La vie en France n’est pas facile quand on est seul et le Secours Catholique m’a donné la chance de connaître beaucoup de monde et de me rendre utile. À l’atelier, on se fait des amis sans avoir besoin d’être présenté, de poser des questions. J’y construis de vrais liens d’amitié. »

Guy R.

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