Délégationdu Limousin

Creuse

Ladapeyre : témoignage de Patrick, un homme debout

Patrick est bénévole à l’équipe Secours Catholique de Ladapeyre depuis plus d’un an. Auparavant, il a été accueilli par une équipe qui l’a connu en mauvais état, en mauvaise santé, dépendant à l’alcool notamment. Il a alors été accompagné et c’est un homme nouveau, changé même physiquement, que nous souhaitons vous présenter.

Patrick

publié en mars 2015

« J’ai aujourd’hui 46 ans et je vis seul à Bonnat, en Creuse. Avant mon arrivée dans le département, à la fin de l’année 2012, j’ai toujours vécu en région parisienne dont je suis originaire.

Mon père occupait un emploi de chauffeur-routier et ma mère un emploi d’aide-ménagère. J’ai été élevé dans une famille nombreuse puisque je compte cinq frères.

Après l’école, j’ai passé un CAP de menuiserie. À la suite, j’ai tout de suite travaillé et je peux me réjouir de n’avoir jamais connu le chômage : six ans dans une entreprise de menuiserie, puis j’ai gagné ma vie pendant dix ans en tenant le rayon poissonnerie d’une petite surface.

Mais cela, ce n’est qu’un aspect de ma vie passée parce qu’à côté de cette dimension professionnelle, et depuis l’âge de 14 ans, j’étais polytoxicomane. L’alcool et les drogues ont englouti tous mes salaires, et j’ai passé bon nombre de week-ends à participer à des rave-parties. Je n’ai donc rien construit.

Le jour de mes 40 ans, un déclic s’est opéré. Je me suis comme réveillé et, sur les conseils d’un médecin, j’ai décidé de me prendre en main : il fallait, c’était désormais évident, que je rompe avec mon milieu, avec mes fréquentations de fêtard, et que je change de vie.

Je suis ainsi arrivé à Bonnat, un lieu en Creuse où je ne connaissais personne, où personne ne me connaissait non plus, où je n’avais pas de travail mais où il s’agissait de sauver ma peau. Un lieu comme une bouée à laquelle il me fallait m’accrocher.

Manquant de tout, je me suis présenté à la permanence d’accueil du Secours Catholique de Châtelus. Là, j’ai craqué. Comme un enfant, j’ai pleuré dans les bras que Janine, bénévole, m’a ouverts. Elle a pris sur elle toute ma peine.

Je suis revenu, très régulièrement, avant que je sois reconnu travailleur handicapé et que je touche une pension. J’ai également eu la chance de partir en vacances avec le Secours Catholique, deux étés successifs, lors de séjours collectifs : ça m’a reconstruit, j’ai beaucoup aimé.

Depuis le 26 février 2014, je suis abstinent à l’alcool et à la drogue. Mon avenir est dans le bénévolat et je garde l’espoir de connaître l’amour, peut-être de me marier. Aujourd’hui, je remercie mes parents de l’éducation donnée : respect, franchise et politesse.

Et puis je crois en Dieu et je le remercie de m’avoir préservé de faire du mal aux autres, malgré mon parcours difficile. Lors de séjours en psychiatrie, je peux témoigner que je l’ai rencontré, mais je n’en dirai pas plus sur ce sujet. Pour moi, simplement, Il est là. »

Merci de ta confiance Patrick, qui t’honore, et bon vent !

Propos recueillis par Bruno Canal, animateur

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